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Avenue Armand Huysmans, 196 - par André Jacqmain

Cette construction est achevée en 1961, suivant un projet de l'architecte André Jacqmain (1921-). Elle s'implante sur une parcelle de largeur moyenne, dans un quartier dont l'urbanisation, planifiée dans les années 30, est alors en voie d'être achevée. L'année 1961 marque, dans la carrière de l'architecte, l'aboutissement de son association avec le créateur de mobilier Jules Wabbes (décédé en 1974), entamée en 1951 et que Jacqmain qualifie aujourd'hui de "symbiose".

Cette maison s'insère entre 2 immeubles de style moderniste, dus aux architectes Christian Musette d'une part (n°194, 1959), Henri Montois et Robert Courtois d'autre part (n°198, 1952). Les façades des mitoyens, comme celles de la plupart des constructions du voisinage, sont marquées par la planéité et par l'horizontalité des fenêtres en bandeaux égaux. Au contraire, la composition de Jacqmain présente une série de lignes brisées, axées sur la travée d'entrée. Cette architectonique puissante, rigoureuse et empreinte de retenue affirme l'indépendance de l'habitation, suggère sa complexité et protége son intimité.

Environné d'immeubles à appartements de largeur moyenne et d'immeubles en barres, le 196 a été conçu comme une habitation unifamiliale, ce qui explique un gabarit plus modeste. Jacqmain, que "Wabbes a initié à la profusion des matériaux", met en oeuvre la brique de Campine, le béton blanc, le bois et l'acier inoxydable avec une expressivité parfois proche du brutalisme.

Par le traitement varié et rigoureux des travées, des baies et de leurs divisions, l'architecte tend à exprimer en façade la définition intérieure de chacun des 4 niveaux soigneusement différenciés. Le plan ouvert est organisé autour d'un escalier en vis. On remarquera en particulier l'usage de l'acier, entrelacé avec le bois dans les garde-corps et imbriqué dans les ouvrants des châssis.

A la même époque, Jacqmain conçoit l'habitation Urvater à Rhode-Saint-Genèse (1960), l'immeuble à appartements Abrahams, rue de Belle-Vue 18 (1960 avec J. Wabbes et J. Boccard) ainsi que l'immeuble de bureaux Foncolin (1955-1957 avec J. Wabbes), rue Montoyer 3, qui a cédé la place en 2001 à une création nouvelle, élaborée par Jacqmain dans le cadre de l'Atelier de Genval (1967-).

Sources :

  • Anne Van Loo (sous la direction), Dictionnaire de l'Architecture en Belgique de 1830 à nos jours, Fonds Mercator, Anvers, 2003
  • L'imaginaire émergeant d'André Jacqmain, exposition CIVA 2004-2005