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La salle Varia (rue du Sceptre, 78), qui ouvre ses portes en 1905, aurait pu devenir un magasin de décoration, une grande surface de vente, voire un garage, ce qu'elle a été effectivement dans les années 50. Elle est devenue un théâtre presque par hasard.
Le permis d'urbanisme originel, suivant les plans de Jules Huclin, autorise la construction d'une salle de fêtes précédée d'un café, implantés sur une parcelle large ( 17 m) et profonde (+ de 50 m). Les deux corps de bâtiment sont reliés par une galerie vitrée.
Le traitement de la façade à rue : parement de pierre bleue et briquettes vernissées, arcs surbaissés, porche profond, balcon filant au 1 er étage et pignon à fronton, confère au lieu son statut particulier, malgré le handicap de l'importante déclivité de la voie publique.
Le temps d'une saison, en 1905-1906, les lieux s'ouvrent à l'opéra italien, à l'enseigne du "Théâtre Verdi". En 1924, l'exploitant du cinéma "La Cigale", rue Neuve, y organise des projections cinématographiques. 30 ans plus tard, l'ensemble devient un garage: on débite l'essence à front de rue et la grande salle sert d'atelier de réparation automobile, puis d'entrepôt.
L'ensemble est exhumé de l'oubli par 3 jeunes metteurs en scène, Marcel Delval, Michel Dezoteux et Philippe Sireuil et acquis par le Ministère de la Communauté française qui l'affecte au théâtre en 1982. Son réaménagement est assumé par l'architecte Alberto Zaccai, ancien collaborateur d'André Jacqmain, avec la complicité de sa consoeur Chantal Dassonville, attachée à la Communauté française, et les scénographes Michel Gladirewski et Alain Prévôt. Les travaux d'infrastructure se concluent en 1995 par le montage d'un ascenseur à décors et l'aménagement d'une servitude de passage vers l'avenue du Maelbeek.
L'intervention de Zaccai, marquée par le respect de l'architectonique existante, vise à réhabiliter la façade à rue et se concentre sur les surfaces d'accueil :
porche, librairie, foyer, salons et, surtout, le comptoir de billetterie qui occupe le centre du dispositif. Leur intégration dans l'espace et leur formes respectives balisent un parcours fluide et lumineux dont les axes convergent vers le théâtre et concourent à la mise en valeur de son volume.
Ainsi rénové, le Varia constitue, par son rayonnement culturel, l'exploitation judicieuse de la morphologie urbaine et son esthétique, un des éléments remarquables d'un des quartiers mixtes les plus populaires d'Ixelles.
Voir aussi : théâtres |