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L'histoire d'Ixelles et de ses quartiers

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La Porte de Namur
           
 

Vers 1670, le comte de Monterrey, gouverneur général des Pays-Bas, décida de doubler le château fort médiéval de la Porte de Namur par une protection avancée qu'on appela "Bastion du Roi" ou "Bastion de Saint-Jean". Elle s'élevait à l'endroit de l'actuelle rue du Bastion où se trouve le gratte-ciel du champ de Mars. Une deuxième protection se situait sur la chaussée d'Ixelles et était baptisée "Batterie de Notre-Dame". La Porte de Namur fut abattue en 1784 et le "Bastion"faillit être transformé en école militaire 5 ans plus tard, sous l'occupation autrichienne. L'école demeure l'ancêtre de celle qui s'installera rue de Namur en 1834, elle-même à l'origine de l'école militaire actuelle.

Un certain Pietro Gaggia profitera des ruines pour créer un Institut pour jeunes qui portera son nom. Il deviendra un lieu d'enseignement réputé, ayant notamment pour professeur, Jean Gatti de Gamond, dont la fille Isabelle sera aussi à la pointe de l'enseignement. Des élèves de plusieurs nationalités y défileront. Cependant, l'institut ne survécut pas à la mort de son fondateur en 1845. Après sa fermeture en 1847, le "bastion Monterrey" fut transformé en école de tissage.

La rue du Bastion vit aussi l'ouverture en 1839 des "Bains de la Porte de Namur" qui seront mis en vente publique en 1859.

En 1852, il accueillit le Collège de l'Union Belge puis le Théâtre Molière 15 ans plus tard, en provenance de la Salle Malibran (anciennement Valentino) qu'il occupait en lieu et place de l'ancien Innovation (chaussée d'Ixelles). C'est dans cette salle que s'entraînait la garde civique d'Ixelles, crée en 1848, avant celles de Molenbeek et Anderlecht. L'ancienne salle deviendra le Théâtre Scribe en 1879 avant de fermer ses portes en 1900. Les cercles qui s'y trouvaient rejoignirent le Théâtre de Bériot de la rue du Collège.

Difficile d'imaginer aujourd'hui qu'à la Porte de Namur naquit le projet en 1824 d'un château d'eau (démoli en 1853), l'installation de cirques et l'inauguration du tramway à vapeur Ixelles-Boendael en 1884. 3 ans plus tard, ce dernier sera prolongé jusqu'à l'avenue de l'hippodrome. Il faudra attendre 1924 pour voir apparaître les premiers bus mis régulièrement en fonction, plusieurs tentatives dont une en 1908, ayant échouées du point de vue commercial.

C'est en 1845 que le "glacis de Waterloo" devient le boulevard extérieur de Waterloo, 5 ans après la construction des premières maisons. Parmi elles figurent celle du relieur-cartonnier A. Rensing (n°42), voisin de la "Librairie Ancienne et Moderne" (n°44). Le boulevard ne sera baptisé "avenue de la Toison d'Or" qu'en 1951, en même temps que les rues Marnix, d'Egmont et de Hornes. Les arbres n'y apparaîtront que 5 ans plus tard.

Un cinéma "Capitole" y existait déjà en 1919. Il faudra attendre encore quelques années pour que les familles Duden et Allard y bâtissent un hôtel de maître. La demeure des Duden sera transformée en salle de spectacles en 1914, le "Palais du Trocadéro" laissant la place au "Casino" 10 ans plus tard ("Casino lyrique" en 1928). C'est dans ce lieu qu'en 1930 Joséphine Baker vint exhiber ses bananes. Un an plus tard, le rideau tomba définitivement sur la salle au profit de "L'Acropole".

Autre lieu culturel, le Salon littéraire d'Edmond Picard était lui aussi situé avenue de la Toison d'Or (n°56). L'hôtel de maître qu'il habitait fut transformé en "Maison d'art" et accueillit notamment le "Cercle d'escrime du barreau" en 1899. 4 ans plus tôt, l'écrivain Maurice Maeterlinck et son égérie, l'actrice et chanteuse d'Opéra, Georgette Leblanc, s'y étaient rencontrés.

C'est dans un local de l'avenue que fut fondé en 1912 le "Cercle de la Toison d'Or", futur "Cercle Gaulois", par une quinzaine de médecins et d'avocats. Le piétonnier de la Toison d'Or possède également l'église des Carmes qui fut élaborée dès 1869. L'Archevêque de Malines vint y célébrer le couronnement de la statue de Saint Joseph.

Source : "Les Clés de Bruxelles", guide touristique et culturel, ADISC Sport et Culture