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L'histoire d'Ixelles et de ses quartiers

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L'histoire d'Ixelles et de ses quartiers
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Origine
           
 

Divisée jadis par le Maelbeek (ruisseau du moulin), la commune dépendait en partie du magistrat de Bruxelles et du châtelain de la ville qui fût anobli au XIIIe siècle. Le hameau fut alors baptisé Ixelles-le-Vicomte ou Ixelles-sous-le-Châtelain. Le haut du hameau (Porte de Namur) ne se développa qu'au XIXe siècle après la disparition de l'enceinte de Bruxelles, bien avant le bas (place Flagey).

Erigé en 1300, au pied de la "montagne raide" (Zwaerenberg - chaussée d'Ixelles) sous le patronage du duc Jean II de Brabant, l'hospice de la Sainte-Croix d'Ixelles dont le but était de soulager les porteurs de fagots en provenance de la Forêt de Soignes en leurs fournissant des repas, est à l'origine du hameau avec plusieurs cabanes appartenant aux serfs du duc venus assécher les marais ou travaillant au moulin abbatial de La Cambre. Une chapelle dédiée à la Vierge y fut construite et aurait abrité un fragment de la Sainte-Croix depuis sa consécration par l'évêque de Cambrai, en 1459. Une seconde chapelle fut érigée 4 ans plus tard par le bourgeois, Guillaume de Hulstbosch, aux abords de sa ferme de Boendael.

4 étangs divisaient le hameau dont le Grand Etang (place Flagey), le Pennebroeck et le Ghevaert ou "étangs d'Ixelles" et le Paddervyver qui fut asséché au XIXe siècle. Alimentés par le Maelbeek, ils servaient de réserve de poissons pour l'abbaye de la Cambre toute proche et alimentaient aussi les villages d'Etterbeek, Saint-Josse-Ten-Noode et Schaerbeek.

La chaussée de Vleurgat (ancienne chaussée wallonne - 1554) facilita les échanges commerciaux. Elle fut construite à la demande de l'abbesse de La Cambre dans le prolongement de la chaussée d'Ixelles en raison des dommages occasionnés par le transport des arbres abattus dans la forêt proche de l'abbaye. L'érection des châteaux de l'Ermitage, de Ten Bosch et d'Ixelles ainsi que plusieurs maisons de campagne transformeront le hameau en village à part entière.

C'est en 1795 que le hameau est érigé en municipalité. Il rassemble désormais en un seul territoire, le haut et le bas Ixelles ainsi que la seigneurie de Boondael. L'urbanisation avait déjà débutée vers 1785 avec la destruction à la mine de l'ancienne Porte de Namur, aussi dénommée Porte de Coudenberg, dont la physionomie était proche de la Porte de Hal. C'est en 1822 que naîtront les rues d'Orange (rue d'Edimbourg), des Jardins (rue des Chevaliers), des Mineurs (rue Solvay) et de la Bergerie (rue de Stassart). Elles accentueront l'écart entre le haut et bas de la commune avec la multiplication des impasses où se réfugiaient les pauvres. Il faudra attendre 1837 pour que les premières rues du quartier Léopold soient créées.

Hippolyte Legrand, maire-mayeur-bourgmestre durant plus de 30 ans, contribua largement au développement de la voirie communale et empêcha le pillage de l'abbaye de la Cambre, devenue hôpital, avec le départ des soldats français en 1813. De 1818 à 1900, Ixelles passa de 677 à 58.615 habitants. Elle concrétisera un jumelage avec la ville de Biarritz en 1959.

L'urbanisation subira un coup d'accélérateur avec l'assèchement du grand étang racheté aux héritiers Legrand en 1871 et la construction d'une nouvelle église Sainte Croix. La même année, Léopold II souhaita contribuer au bien-être des gens du quartier. C'est alors qu'il commanda le "Jardin du Roi" qui depuis fait partie de la Donation royale bien que son entretien est réalisé par la Région. On y trouve la sculpture de Charles Van der Stappen (1892) illustrant "Ompdrailles, le Tombeau des Lutteurs" d'après le roman de Léon Cladel, en face duquel Olivier Strebelle a réalisé une sculpture intitulée Phénix 44, en hommage à la Libération symbolisée par le "V" de la victoire.

Source : "Les Clés de Bruxelles", guide touristique et culturel, ADISC Sport et Culture